L'HOMME MIS A NU
Puls'art 2008, invité d'honneure Ulrike Bolenz , Olivier de Cayron et Gérard Fromanger. Salle Paul Courboulay
Le Mans du 26 avril au 31 mai 2008
Texte paru dans ARTE NIEUWS n°42
Tatiana Hachimi
De Kassel, ou elle est née et a suivi une formation de peintre, Ulrike Bolenz garde avant
tout le souvenir de Tom Gramse (*), son professeur de dessin prématuremet disparu. Par la
suite, elle s'installera durant une quinzaine d'années a Berlin ou elle aura l'occasion de
vivre la période fébrile de la 'chute du mur". Voilà près de treize ans aujourd'hui que l'artiste
a posé valises pinceaux dans notre pays. ( Belgique)
Avec le temps, Ulrike Bolenz s'est éloignee de la peinture au profit de la photo; elle
l'envisage sous l'angle du daguerreotype, qui la fascine pour tous les possibles que permet
sa transparence. Progressivement, grace a l'évolution du multimédia, elle a su trouver un
équilibre entre les deux disciplines, qui interviennet dans son travail en proportions
variables.
Elle filme ses sujets dont elle sélectionne des attitudes, des gestes et des expressions qui
témoignent de l'homme dans toute son universalité et dans une nudité qui révèle le corps
des individus avec une immense et sensible dignité. Le corps est tct envisagé comme
l'enveloppe visible de l'humanité. Cette dimension dépersonalisée de l'image humaine
n'est pas sans rappeler la démarche de Gormley, à travers ses sculptures dont 'le corps qui
n'en est pas un'' est aussi au centre.
Chez Ulrike Bolenz, les images sont multipliées et manipulées. Révelées sur des supports
mats, lisses, pliés, translucides, épais ou transparents, elles sont ensuite enduites, peintes et
réinterpretées. Souvent, elles prennent du volume au gré des assemblages, des courbures ou
des superpositions. Forme et fond se rencontrent dans un exercice qui s'apparente à une
maîtrise harmonieuse de l'aléa. Un concept qui n'est pas sans rapport avec la génétique,
autre thème très présent chez Ulrike Bolenz, que l'on perçoit à travers differentes oeuvres,
dont celle qui represente un Icare mi-homme mi drosophile.
Plus loin, le questionnement porte sur la curiosité inhérente à la nature humaine, la quête
du progrès et l'evolution des sciences.
Les transparences de Bolenz renvoient a l'éphémère de chacun et rappellent utilement le
degré zéro du genre humain.
(*) Tom J. Gramse , Documenta 4 and 6 , Kassel , Germany